La dame dans l'ascenseur
Des fois je me dis que c'est fini, vraiment, il n'y a plus rien à en tirer.
Des autres, de moi.
Je ne rencontre plus.
Je sais maintenant qu'il ne faut surtout pas forcer. Ca arrive ou ça n'arrive pas. C'est comme ça.
Mais là, ça faisait déjà plusieurs semaines que ça durait et je commençais à me dire que j'étais finie pour l'humain.
Dans le train, j'avais même proposé des bonbons à une nana qui m'avait regardée comme une folle et avait décliné poliment, merci mais non.
Oups.
Hier soir, donc, il y avait ça.
Il y avait aussi la chorale.
Je ne supporte pas les groupes. Ils prennent et donnent si peu finalement.
Ils happent, manipulent, vident.
Mais là, il y a aussi activité, et j'en avais besoin de cette activité.
Sans parler des gens que j'aime, dans le groupe.
Parceque tout est là : le groupe permet de rencontrer des gens, mais en même temps il bouffe la rencontre. Il faut donc s'en écarter très vite.
Compliqué et bouffe énergie si vous voulez mon avis.
Indispensable ?
Peut-être.
Il y avait aussi la distance, insupportable quand elle n'est pas choisie.
Et Suzanne qui ne va pas très bien, qui refuse même d'aller au loto du mardi.
Et le boulot où je ne fais rien, ne sert à rien.
Il y avait tout ça.
Et ça a fini par avoir lieu.
Une complicité inattendue, des sourires, des mots gentils.
Et une vraie rencontre avec une jeune femme pleine de courage, décidée et fragile aussi.
Belle, mais belle !
Du coup, ce matin, j'ai pu rire avec la dame dans l'ascenseur qui portait des gants rouge vif à fausse fourrure.
Ca n'a pas de prix.
0 Comments:
Enregistrer un commentaire
<< Home