Not Carrefour-compliant
Un point pour moi ce matin : je suis allée faire les courses à Carrefour.
Je sais que pour la plupart des gens, il n'y a rien d'exceptionnel à ça.
Mais moi, j'y vais rarement. Je ne supporte pas.
Depuis toujours.
Alors je me prends le luxe d'éviter.
Mais là, je devais acheter un produit vaisselle bio, que je ne trouve que dans les hypers, plus tout un tas de trucs et de machins pour ma vie de couple intermittente, donc, bon, effort.
Je prévois quand même le coup, le jeudi matin c'est pas la cohue.
Oui, mais le matin, y a les vieux.
Ils sont marrants, ils viennent pile pile à l'ouverture, puis ils passent des heures dans les rayons.
Bien sûr, ils se déplacent lentement, mais ils sont surtout indécis, comme perdus, alors qu'ils connaissent le magasin par coeur.
Ils cherchent le contact.
Une dame s'excuse parcequ'elle vient de poser son chariot à l'endroit où j'allais garer le mien. Je lui dis pas de problème, il y a de la place, mais elle cherche à causer.
J'esquive. Carrefour, non, décidemment, non.
Un peu plus loin, aux légumes, je fais la queue pour faire peser mes pommes (beeeaaaucoup moins cher que chez Coco Fruits, faut reconnaitre) avec les mêmes papys-mamies. La dame préposée à la balance tape et colle à toute allure - mais comment fait-elle pour reconnaitre mes tomates Roma des tomates grappes dans le sachet sans presque regarder ? Elle est concentrée, ne lève presque pas la tête quand je dis merci. Les vieux ne disent rien, eux.
Ah ?
Ca communique, mais pas avec l'employé.
Bon.
Une dame à l'air précaire, comme on dit pour ne pas dire pauvre, papote, elle, avec le monsieur du fromage.
Elle a l'air perdu, elle aussi. Perdue dans la vie.
Je me sens pareil, mais avec des sous. C'est plus facile quand même.
Alors je papote pas avec le monsieur du fromage.
A la caisse, la Dame du monsieur qui paye - vous avez remarqué que c'est quasi toujours comme ça que ça se fait ? - vient nous faire sentir du parfum du magasin de la galerie. Elle a l'accent des cigalles et c'est chouette.
La caissière a un rhume, elle ne peut pas aider.
Moi non plus, je n'aime pas les cache nez.
La Dame rigole, on se moque de son mari, ils partent.
Je respire un grand coup, c'est à moi.
La caissière a des beaux yeux clairs et un sourire charmeur dans un visage prématurément vieilli.
Heureusement qu'elle a le temps. Heureusement qu'elle sourit.
J'ensache à deux à l'heure, mes mains manquent de doigts.
Une alarme qui sonne à côté me sauve la mise, je rattrape mon retard sur la caisse.
Je suis prête.
79€ !!
J'hallucine !
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